Eau super-ficelles ? / Hugo Receveur

Polyculture2010©armandejammesDans les exploitations agricoles, l’eau de surface est généralement moins bonne que dans les réserves souterraines. Pourtant l’eau est nécessaire à l’abreuvement du bétail et à son alimentation par la prairie. Autre fait de société, notre consommation d’eau potable se fait de plus en plus en bouteille. Par cet objet du liquide, la bouteille en verre et son accumulation dans la prairie, le principe est là de dessiner le sillon exagéré de l’eau parcourante. Car l’eau de cette épaisseur de terre est souvent invisible et pourtant présente : un paradoxe qui nuit à sa reconnaissance. La hauteur de la bouteille est aussi cette fine épaisseur de terre : le sol. Couche superficielle, la plus riche et la plus amène à la culture par son humus, le sol est un système vivant de par cette eau, et d’état, indispensable à son ruissellement mesuré (gestion des eaux de pluie, limitation de l’érosion et du ravinement). Ici, l’installation est un embouteillage de prairie, présentant une série de bouteilles et son eau isolée de ce système prairial. Coloré ou propice à l’eutrophisation, le liquide est volontairement isolé de ce milieu pour poser la grande question de son existence. Devons-nous nous affranchir de cette eau superficielle et invisible ?
Hugo Receveur est paysagiste, gérant de l’atelier La Motrice, Paysage et Urbanisme. Il vit et travaille à Billom (Puy-de-Dôme). Sa pratique plastique est périphérique et intéractive à son activité professionnelle de paysagiste.

lieu de l’intervention : le pré des Fonds

intervention 2009 de Hugo Receveur

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